24/08/2026
𝐇𝐎𝐌𝐌𝐀𝐆𝐄 𝐚𝐮 𝐃𝐨𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐌𝐨𝐫𝐞𝐚𝐮, 𝐚̀ 𝐬𝐨𝐧 𝐞́𝐪𝐮𝐢𝐩𝐞, 𝐞𝐭 𝐚̀ 𝐧𝐨𝐬 𝐡𝐞́𝐫𝐨𝐬 𝐝𝐞 𝐥'𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐬𝐚𝐧𝐭𝐞́
Il y a des instants, dans une vie de directeur, où le cœur cesse de battre l'espace d'une seconde, où la réalité brute de notre mission vous saisit à la gorge et ne vous lâche plus. Aujourd'hui, je veux vous raconter une histoire vraie. Une histoire de vie, de mort, et de miracle. Je veux rendre un hommage vibrant, ému et profond au Dr Moreau, ce jeune médecin gynécologue de l'Hôpital Ndamatou, qui incarne à lui seul la beauté absolue et le prix silencieux de notre profession.
Tout s'est joué en soirée, vers 20h-21h. Je venais d'achever une courte visite au service de gynécologie, l'esprit tranquille, pensant la nuit calme. Quelques minutes plus t**d, j'ai tenté de joindre le Dr Moreau. Pas de réponse. Puis mon téléphone a sonné. C'était lui. Au bout du fil : un souffle haletant.
Inquiet, je lui demande : « Pourquoi es-tu si essoufflé ? »
Sa réponse m'a transpercé le cœur : « Directeur ! J'ai une maman qui vient de faire un arrêt cardiaque en salle de travail. Après un massage cardiaque intense, j'ai réussi à la récupérer ! Là, je cours au bloc pour l'intuber et faire une césarienne d'urgence ! »
Le choc. Je lui demande de me rappeler dès que possible. Puis, le silence. Un silence lourd, étouffant, sans fond. Pendant qu'il livrait bataille dans le secret du bloc opératoire de Ndamatou, à cette heure t**dive où le monde entier semblait dormir, une angoisse immense m'a envahi. Le stress me nouait la gorge. Impossible de m'asseoir. Je faisais les cent pas, le cœur battant à tout rompre, priant en silence pour deux vies que je ne connaissais pas mais qui, à cet instant, étaient devenues les miennes. Chaque minute ressemblait à une éternité.
Et puis, le téléphone a délivré sa sentence. C'était encore lui. Sa voix, fatiguée, portait pourtant une force incroyable : « Directeur, l'intervention est terminée. Le bébé se porte bien. La maman est en réanimation, sa situation est stable. »
À cet instant précis, je me suis enfin assis, terrassé par le soulagement et j'ai loué la gloire d'Allah. Le miracle avait eu lieu ; une vie donnée et une vie sauvée. Deux victoires arrachées, la même nuit, à la même seconde, par les mêmes mains tremblantes de fatigue et de détermination.
Ce combat héroïque, le Dr Moreau ne l'a jamais livré seul. Il le mène chaque jour, main dans la main, aux côtés de ses formidables collègues : 𝐃𝐫 𝐒𝐄𝐍𝐄, 𝐃𝐫 𝐀𝐖𝐀, 𝐃𝐫 𝐊𝐇𝐀𝐑𝐘, 𝐃𝐫 𝐂𝐈𝐒𝐒𝐄, magnifiquement épaulés par les sage-femmes et tout le personnel de soutien cette chaîne humaine invisible sans laquelle aucun miracle ne serait possible.
Et ce qui me bouleverse le plus, c'est que cette histoire n'est pas isolée. Chaque nuit, chaque jour, aux quatre coins du Sénégal, des équipes comme celle-ci vivent des drames, des tensions extrêmes et des victoires magnifiques, dans l'anonymat le plus complet. Pas d'ovation, pas de projecteurs, pas de médailles. Juste le devoir, accompli dans l'ombre, encore et encore.
Nos agents de santé sont nos véritables héros. Ils ne portent pas de cape, mais ils portent notre humanité à bout de bras, nuit après nuit, salle après salle, vie après vie.
Du fond de mon âme, je vous célèbre, je vous remercie. Je prie le Tout-Puissant pour qu'Il vous assiste, vous protège, et vous rétribue au centuple pour chaque vie sauvée, pour chaque larme séchée.
𝑫𝒓 𝑰𝒃𝒓𝒂𝒉𝒊𝒎𝒂 𝑻𝒊𝒕𝒐 𝑻𝑨𝑴𝑩𝑨,
𝑫𝒊𝒓𝒆𝒄𝒕𝒆𝒖𝒓 𝒅𝒆 𝒍'𝒉𝒐̂𝒑𝒊𝒕𝒂𝒍 𝑵𝒅𝒂𝒎𝒂𝒕𝒐𝒖
Ministère de la Santé et de l'Action sociale
Service national de l'Education et de l’Information sanitaire et socialeSAMU NationalIbrahima SyTito Tamba
Infomed Magazine
Group Express MédicalPrésidence de la République du Sénégal
Centre Hospitalier National Universitaire de FannHôpital Ndamatou