07/12/2026
Le pneumothorax désigne la présence anormale d'air dans la cavité pleurale (l'espace situé entre les deux feuillets de la plèvre qui entourent les poumons). Cet air accumulé exerce une pression sur le poumon, provoquant son affaissement (atélectasie) partiel ou total.
Voici un point complet sur cette affection médicale.
1. Les différents types de pneumothorax
On classe le pneumothorax selon sa cause principale :
Pneumothorax spontané primaire (PSP) : Il survient sans maladie pulmonaire connue. Il touche classiquement les adultes jeunes (entre 15 et 34 ans), de morphologie grande et mince, et est très fortement lié au tabagisme. Il est souvent causé par la rupture de petites bulles d'air sous-pleurales (blebs).
Pneumothorax spontané secondaire (PSS) : Il se produit chez des personnes atteintes d'une maladie pulmonaire préexistante qui fragilise le tissu (ex: BPCO, emphysème, fibrose pulmonaire, mucoviscidose).
Pneumothorax traumatique : Provoqué par une blessure physique qui laisse entrer l'air dans la plèvre, comme une fracture de côte, une plaie par arme blanche ou par b***e.
Pneumothorax iatrogène : Il s'agit d'une complication accidentelle lors d'un acte médical (biopsie pulmonaire, pose de voie veineuse centrale, ventilation mécanique).
⚠️ L'urgence absolue : Le pneumothorax sous tension
> Si l'air entre dans l'espace pleural à chaque inspiration mais ne peut plus en sortir, la pression augmente rapidement. Cela comprime le poumon mais aussi le cœur et les gros vaisseaux sanguins. C'est une détresse vitale immédiate qui nécessite une décompression d'urgence.
2. Les symptômes principaux
Les signes cliniques apparaissent généralement de manière brutale, souvent au repos :
Une douleur thoracique : Typiquement unilatérale (d'un seul côté), vive, intense, souvent décrite comme un "coup de poignard". Elle peut irradier vers l'épaule ou le dos et s'aggrave à la toux ou à l'inspiration profonde.
Une dyspnée : Une difficulté à respirer ou un essoufflement dont l'intensité dépend de la taille du pneumothorax et de l'état de santé initial des poumons du patient.
Une toux sèche : Irritative, déclenchée ou aggravée par les changements de position.
3. Le diagnostic
Le médecin suspecte le pneumothorax à l'auscultation (diminution ou abolition du murmure vésiculaire du côté atteint) et à la percussion du thorax (bruit creux ou "tympanisme").
Le diagnostic de certitude repose sur l'imagerie :
1. La radiographie du thorax : Réalisée de face et en inspiration, elle montre l'absence de trame vasculaire en périphérie (zone noire sans poumon) et la ligne de la plèvre viscérale décollée.
2. Le scanner thoracique (TDM) : Plus précis, il est utilisé en cas de doute, pour évaluer précisément le volume ou pour rechercher des bulles d'emphysème sous-jacentes.
4. Les options de traitement
La prise en charge dépend de la taille du pneumothorax, de la tolérance du patient et de la récidive.
Le repos et la surveillance : Pour un pneumothorax spontané primaire de petite taille et très bien toléré. L'air se réabsorbe spontanément à un rythme d'environ 1,25% du volume par jour.
L'exsufflation à l'aiguille : Consiste à aspirer l'air manuellement à l'aide d'un petit cathéter inséré à travers la paroi thoracique. C'est souvent le traitement de première intention pour les PSP simples.
Le drainage thoracique : Pose d'un tuyau (drain) dans l'espace pleural relié à un système de valve ou d'aspiration pour évacuer l'air en continu et permettre au poumon de se recoller à la paroi.
La chirurgie (Pleurodèse) : Recommandée dès le deuxième épisode (récidive), en cas de fuite d'air persistante après plusieurs jours de drainage, ou si le pneumothorax est d'emblée bilatéral. Elle vise à "coller" définitivement la plèvre (souvent par thoracoscopie / vidéo-chirurgie) pour empêcher toute récidive.